- Rappelons les faits : des cambrioleurs ont écrabouillé un policier de la BAC de Chambéry dans la nuit de mardi à mercredi, alors qu’il était en intervention. L’omni-candidat obnubilé par sa propre succession s’est empressé de qualifier les faits d’assassinat, tandis que le candidat socialiste s’est contenté de réclamer l’interpellation des « auteurs de ce crime odieux ». Quant à la Marine nationale, candidate au front et pas que national, celle-ci s’est permise de dénoncer « la culture du laxisme » et des suppressions de postes de policiers.
Voilà pourquoi nous sommes ici, monsieur le Président ! Pour traiter du vice qui touche le politique à ses guiboles, je veux dire à la racine : satisfaire le fan club de Jean-Pierre Pernaut ainsi que les ménagères bigotes à souhait, en s’exprimant sur tout pour ne parler de rien ; et en s’exprimant sur un rien pour parler surtout ! Quand la brebis du Périgord se casse une patte, c’est à savoir qui lui mettra la pommade en premier, et qui rassurera le reste du troupeau en affirmant que la tonte reste au programme (passage à l’isoloir préalable bien entendu) !
Non, je ne vous parlerai pas ici d’un petit homme qui se rendit à la barre Balzac, le Kärcher à la main, au lendemain de la mort d’un enfant de 11 ans ; qui fit passer une loi à la suite de l’assassinat d’une joggeuse ; qui en fit passer une autre après l’enlèvement et le viol d’un jeune garçon ; puis une autre après le viol et le meurtre d’une seconde joggeuse ; qui confia un rapport à un député UMP après la disparition d’une jeune de 18 ans ; ou encore qui annonça une série de mesures après la mort d’une adolescente dans son collège-lycée.
Non je ne vous parlerai pas de cet homme et de sa gouaille de catholique d’apparence, il n’y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui trinquent ! « Et pis d’abord, c’est quand même que c’est nous qu’on a le meilleur des présidents » pour ne pas citer Régis, adepte des 3-8, nouveau bar à la mode appelé plus communément café du commerce, où l’anagramme du PMU traine autant dans les esprits que dans la fumée des illusions perdues d’une vieillesse grattant sa retraite, l’haleine rafraîchie au houblon, ou à l’anisette (c’est selon) !
Ah qu’elles sont jolies, les politiques de l’immédiat ! Ah qu’ils sont jolis, les appâts pour électorat !
Au reste, est-ce qu’un fait divers peut combler une absence de programme et faire déplacer les crédules attendris ? La réponse est oui !
Souvenez-vous de l’attentat de la rue de Copernic en 1980 : Tonton s’est rendu sur les lieux, Grand père non ! Prenons ensuite l’assaut de la grotte d’Ouvéa deux jours avant le 2nd tour de 1988 : c’est encore Mitterrand qui régale ! Plus récent maintenant : la tuerie de Nanterre, suivie de la mise en scène de l’agression de Papy Voise, faisant de l’insécurité un thème suffisamment fort pour un 21 avril 2002. Puis 2007, avec les émeutes de la gare du Nord, permettant à un ministre de l’intérieur de détrôner les autres candidats en les faisant passer pour le soutien de la délinquance.
- C’est pourquoi monsieur le Président, les coupables ont l’air encore plus suspects que les faits divers de DSK, c’est pour vous dire ! Manipuler les épiphénomènes comme un roi de l’épiphanie, pour manipuler des masses de voix, c’est condamnable ! Et tant qu’on n’aura pas répondu à la question de savoir si la connerie politique est soluble dans l’eau ou à défaut dans la Badoit, je suggère une peine de réclusion contraventionnelle de 20 jours, soit jusqu’au 6 mai inclus, histoire que la campagne commence enfin !
Joli réquisitoire avec un fond de vérité. L’action politique ne doit pas se confondre avec la réaction.
Merci bien !